Jeudi 17 septembre 2009
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Europe Écologie : ma synthèse des journées d'été à Nîmes
Gale, amant de la reine, alla, tour magnanime ;
Galamment de l'arène, à la tour Magne à Nîmes.
Ces vers homophones de Marc Monnier sont à eux seuls une invitation à découvrir la ville de Nîmes et lever les mystères des Verts. Chance ! Les Verts et Europe Écologie avaient choisi d'y tenir
leurs journées d'été en 2009. Pour la première fois depuis mon adhésion aux Verts, j'ai participé aux journées d'été, accompagné de quelques collègues du groupe local d'Alençon. Du 20 au 22 août
2009, les membres des Verts et les signataires d'Europe Écologie s'étaient donnés rendez-vous pour réfléchir ensemble à l'avenir du mouvement politique écologiste. Les valeurs qui nous
rassemblent, les luttes que nous portons dans notre projet de transformation de la société étaient au cœur de mes questionnements. Il était temps que je puisse approfondir tout cela dans cette
université d'été. « Université »... désignation tout à fait judicieuse tant le rythme des « cours » est intense, sans interruption du matin au soir. Les
« enseignants » sont savants et les « étudiants » motivés : après les élections européennes de juin dernier, l'ambiance était à la bonne humeur sous le soleil ardent du sud.
2000 personnes inscrites pendant ces trois jours, du jamais vu d'après les anciens ! Les amphithéâtres étaient souvent pleins et l'on voyait même le public se pressait pour assister aux
conférences !
Mobiliser la société civile sur les grands enjeux internationaux
Un enjeu est apparu rapidement comme étant crucial dans les mois à venir : réussir la mobilisation de la société civile à l'occasion du sommet de Copenhague en décembre. L'objectif est d'arriver
à négocier un nouveau traité qui soit suffisamment ambitieux pour que le réchauffement climatique mondial se limite à 2°c, en abaissant la production des gaz à effet de serre (plénière sur
les enjeux de Copenhague)
Liées aux changements climatiques, les nouvelles migrations écologiques viennent s'ajouter aux migrations politiques ou économiques que connaissent traditionnellement les états. Hélène Flautre,
eurodéputée de la région Nord-Ouest affirme avec force que l'Union Européenne doit radicalement changer sa politique migratoire. Elle préconise un statut européen du réfugié qui dépasserait les
peurs nationales et assurerait une meilleure coordination entre les membres (atelier sur les politiques migratoires en Europe)
En préalable au sommet de Copenhague, l'Organisation Mondiale du Commerce se réunira fin novembre. Il est à craindre que cette réunion court-circuite le sommet sur l'environnement et qu'un pas de
plus soit fait vers la marchandisation des biens communs de l'humanité. C'est une des raisons pour laquelle, les Verts demandent à ce que l'agriculture soit sortie des négociations de l'OMC.
L'accès à l'alimentation ne peut pas être dépendant des marchés mondiaux et réclame une régulation. (forum sur la Politique Agricole Commune).
La justice est elle un danger ou en danger ?
Eva Joly a été particulièrement sollicitée pour intervenir sur les questions de police et justice. Il y avait beaucoup de choses à dire tellement les réformes se succèdent les unes aux autres
dans ce domaine : de la suppression du juge d'instruction aux lois sur la sécurité publique en passant par la refonte de la carte des tribunaux (179 Tribunaux d'Instance et 23 Tribunaux de Grande
Instance supprimés) et les coopérations policières et judiciaires liberticides au nom de la lutte contre le terrorisme... il est possible de résumer les débats par la phrase de Michel Tubiana, de
la Ligue des Droits de l'Homme : « la justice en France est en danger car elle est devenue un danger pour les libertés ». (forum sur la justice et les libertés publiques)
La région en première ligne
Bien sûr, à quelques mois des élections régionales, le scrutin de 2010 revenait régulièrement hanter les amphithéâtres de l'université nîmoise. La suppression de la taxe professionnelle dont une
grande part revenait aux régions risque de remettre en cause le principe, pourtant garanti par la constitution, de l'autonomie budgétaire et financière des régions et de compliquer un peu plus le
financement des projets en région, alors que celles-ci reçoivent de plus en plus de compétences. Un projet de loi est en cours d'élaboration visant à réformer les collectivités locales. Deux axes
majeurs sont envisagés : création des conseillers territoriaux qui siègeraient au Conseil Général et Régional et création des métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Nice) qui absorberaient les
compétences des différentes strates administratives (communauté de commune, département, syndicats intercommunaux...). Clairement, il s'agit d'aller petit à petit vers la disparition des
départements. (atelier sur les dynamiques régionales)
L'université est un domaine essentiel pour les régions. Le projet du gouvernement est le contre exemple de projet concerté, alors même que les régions y investissent financièrement de plus en
plus. Le nouveau système prévoit un financement des universités sur la base du taux de présence aux examens en fin d'année. Ce système favorisera les politiques sélectives et ne prend pas en
compte la spécificité des universités françaises qui sont aussi des lieux de recherche. (atelier sur la réforme des universités)
L'écologie politique, politique de civilisation
C'est un débat sorti des profondeurs qui nous a été servi pour la dernière séance plénière. Autour de Cécile Duflot se sont retrouvés Jean Paul Besset, Alain Lipietz, Geneviève Decroq, Patrick
Viveret et Yves Cochet.
Pour ce dernier, il doit y avoir un nouveau paradigme écologiste, entre le marxisme et le capitalisme. Selon lui, nous ne sommes pas dans la crise, mais davantage dans une catastrophe s'insinuant
de manière lente mais en accélération. Il faut alors croire à une rupture d'ère.
Une politique ambitieuse doit porter des valeurs... Quelles sont celles de l'écologie politique ? Pour JP Besset, on doit retrouver l'équité et la justice sociale, la solidarité, la sobriété....
Alain Lipietz de son côté, note trois composantes majeures : la solidarité (ne laisser personne sur le bord du chemin) ; la responsabilité (prendre en compte les conséquences de chacun de nos
actes) et la démocratie.
Geneviève Decroq s'est attachée à décrire ce qu'elle appelle la société du « double-clic » caractérisée par une grande dépendance à la machinerie qui gère notre vie quotidienne. Nous
avons perdu le sens des limites.
Face à cette évolution, l'écologie politique oppose la sauvegarde des biens communs de l'humanité et du Bien-vivre. Pour Patrick Viveret il faut construire la joie de vivre comme alternative à la
peur, vivre la sobriété jouissive.
Voir les débats en vidéo sur : http://lesverts.fr/article.php3?id_article=4786
Guillaume Chesnot